Lily – Partie 10

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L’ourson la regarde avec irritation. Qu’est-ce qu’elle a à s’arrêter comme ça ? Comme si elle pensait soudainement à quelque chose. Mais de là à s’arrêter… A  moins qu’elle n’hésite et ne décide de s’enfuir…

Quand la petite fille reprend sa marche, l’ourson tente de ne pas montrer son soulagement. Si elle avait décidé de s’enfuir en montant dans l’arbre ou en descendant, aucune peluche n’aurait pu l’arrêter. Mais elle le suit, et la réunion se passera sans problèmes. L’ourson aime les journées sans problèmes.

Le duo longe le tronc de l’arbre jusqu’à une intersection. Un chemin menait vers l’intérieur du tronc d’arbre et l’autre continuait sa route en descendant légèrement.

Lily et le petit ourson prennent le chemin qui retourne vers l’intérieur du tronc. En face d’eux il y a une cabane, beaucoup plus imposante que les autres, d’où provient un brouhaha étouffé.

« Nous y sommes, la réunion peut commencer ».

***

L’intérieur de la cabane se composait d’une scène et de gradins, disposés à la manière d’un amphithéâtre. Mais ça, Lily n’aurait pas pu le savoir, puisque lesdits gradins étaient remplis de peluches qui gesticulaient en essayant de parler plus fort que leurs voisines.

On l’avait installé sur une chaise, au milieu de la scène.

Une peluche plus grande et plus abimée que les autres vient se mettre derrière Lily, face au public.

« Votre attention s’il vous plait ! » les peluches font silence.

« Peluches, peluches ; nous sommes réunis aujourd’hui pour juger cette jeune fille qui se fait appeler « Elue ». Permettez-moi de récapituler les faits et les chefs d’accusation avant d’écouter les arguments de cette petite et de procéder au jugement. »

Le silence est total, toutes les oreilles en tissus sont tournées vers la scène. La peluche-juge se racle la gorge, inspire un grand coup et commence :

« Mademoiselle Lily Sullivan ici présente est accusée d’usurpation d’identité et de maltraitance envers sa peluche, Louis. »

Maltraitance ? Lily ne comprend pas, elle n’a jamais fait de mal à Louis pourtant ! Elle le cherche du regard mais impossible de le voir parmi toutes ses peluches. Elle commence à s’agiter sur sa chaise.

« Mademoiselle ? »

Lily se retourne vers le juge.

« Est-il vrai que vous avez volontairement abandonné votre peluche Louis dans le potager alors que la nuit tombait ? »

« -Oui….mais…. »

« -Et vous n’êtes retourné le chercher que par pur égoïsme : parce que vous ne vouliez pas partir seule à la recherche de votre grand-mère »

« -Mais non ! Louis est mon ami ! Je l’avais puni mais je lui ai pardonné et lui ai gardé des fraises ! »

« -ASSEZ !! Je ne vous ai pas autorisé à parler ! »

Lily sanglote mais ne dit plus rien et écoute.

« Vous avez également usurpé le grade de l’Elue et trompé nos peluches ! »

« Mais je n’ai jamais dit que j’étais l’Elue ! » s’insurge Lily

« Tu ne l’as pas nié non plus !, réplique une peluche dans les gradins

-Assez, calmez-vous tous !  Réclame le juge ; bien mademoiselle, quels sont vos arguments de défense ? »

Lily ne sait pas si elle doit se lever ou rester assise. Elle veut juste rentrer chez elle avec Louis et retrouver ses parents et mamie.

« Je sais pas…. Je suis pas l’Elue … »

« Ça on a bien vu ! » relève une voix dans le public.

« Je cueillais des fraises dans le jardin de mamie quand j’ai entendu Louis parler. Je lui ai demandé de dire autre chose mais il n’a pas voulu alors pour le punir je l’ai laissé dehors. Mais pas longtemps ! »

Lily sanglote fort maintenant et des larmes roulent sur ses joues.

« Et puis mamie est tombée par terre et les médecins l’ont emmenés avec papa et maman….. J’avais peur et je suis allée chercher Louis pour lui raconter…. Après j’ai décidé d’aller retrouver mamie avec Louis, pour voir si elle allait bien…. »

Les peluches sont mal à l’aise. Une petite fille qui pleure, on a envie de la consoler, pas de la punir…

« Et après Louis s’est enfuit dans la forêt et…. Et…. Il faisait noir et j’avais peur…et …et …Et…. »

Elle pleure maintenant, et n’arrive plus à articuler. Autour d’elle, les peluches sont perdues.

Le juge, lui aussi déstabilisé, tente de capter à nouveau l’attention du public :

« Chères peluches, l’accusée nous a livré sa version des faits. En l’absence d’avocat ; le jugement aura lieu tout de suite. »

Quelle est la sentence ?

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